AMNESTY INTERNATIONAL DEMANDE AUX AUTORITÉS SAOUDIENNES D’ANNULER LA CONDAMNATION À MORT D’ALI AL NIMR

 

Amnesty International lance une pétition en Tunisie en faveur d’Ali Mohammed Baqir al Nimr, ce jeune chiite saoudien qui risque d’être exécuté très prochainement pour des crimes commis alors qu’il était mineur d’âge, et dont les aveux lui auraient été extorqués sous la torture. La sentence, qui a été confirmée en appel, a lieu alors que l’Arabie saoudite vient de prendre la direction d’une des commissions consultatives du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

Ali Mohammed Baqir al Nimr n’avait que 17 ans lorsqu’il a été arrêté le 14 février 2012. Il a été condamné à mort le 27 mai 2014 par le Tribunal pénal spécial de Djedda, qui l’a déclaré coupable de participation à des manifestations contre le gouvernement, d’attaque à l’encontre des forces de sécurité, de possession d’une mitrailleuse et de vol à main armée. La Cour a fondé sa décision sur des aveux qui, selon Ali al Nimr, lui ont été extorqués sous la torture et qui ont ensuite servi de preuves lors de son procès. Le jeune homme n’a par ailleurs pas été autorisé à consulter son avocat au cours des différentes phases de sa détention et de son procès. La sentence a été confirmée en appel par les juges du Tribunal pénal spécial et de la Cour suprême. Dès que le roi aura ratifié cette condamnation, Ali Mohammed Baqir al Nimr pourra être exécuté.

Amnesty International exhorte les autorités saoudiennes à respecter les obligations qui lui incombent au titre du droit international. En condamnant Ali al Nimr à la peine de mort pour des crimes commis alors qu’il avait moins de 18 ans, l’Arabie saoudite viole la Convention relative aux droits de l’enfant à laquelle elle est partie.

Complément d’information

Comme l’indique un récent rapport d’Amnesty International, en Arabie saoudite, des centaines de personnes sont condamnées à mort après avoir été déclarées coupables à l’issue de procès iniques par un système judiciaire gravement déficient. Par ailleurs, le royaume compte parmi les pays qui exécutent le plus grand nombre de prisonniers. Entre janvier et fin août 2015, au moins 130 prisonniers ont été exécutés, dont près de la moitié pour des infractions qui ne satisfont pas aux critères définissant les « crimes les plus graves » pour lesquels le recours à la peine capitale est autorisé par le droit international.

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