Sri Lanka. Solidarité avec les victimes, unité contre les forces de la haine

Le gouvernement du Sri Lanka doit veiller à ce que toutes les populations soient protégées et à ce que justice soit faite pour les crimes qui ont causé la mort de plus de 250 personnes le dimanche de Pâques, a déclaré Amnesty International le 26 avril.

L’organisation de défense des droits humains appelle également les dirigeants du Sri Lanka et du monde à se montrer solidaires des victimes et à faire preuve d’unité face aux forces de la haine responsables de ce drame.

« Nos pensées vont en premier lieu aux victimes des terribles attaques de dimanche dernier, nombre desquelles étaient prises pour cible en raison de leur foi chrétienne alors qu’elles priaient à l’église à l’occasion de l’une de leurs fêtes religieuses les plus saintes. De nombreuses personnes ont été forcées à enterrer prématurément des proches, dont des enfants de quelques mois à peine », a déclaré Biraj Patnaik, directeur pour l’Asie du Sud à Amnesty International.


Ce drame intervient tout juste quelques semaines après les attaques dans deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, dans lesquelles 50 personnes musulmanes ont été tuées pendant la prière du vendredi.

« Ces événements ne doivent pas pouvoir être utilisés par ceux qui souhaitent monter des populations les unes contre les autres. Les forces de la haine responsables des attaques au Sri Lanka et en Nouvelle-Zélande se renforcent mutuellement, et ont pour but de diviser par des moyens meurtriers des personnes prises pour cible en raison de leur identité et de semer la peur parmi les survivants. Ces forces travaillent dur pour attiser les tensions. Nous devons faire de notre mieux pour forger une unité dans ce moment », a déclaré Biraj Patnaik.

« Le gouvernement du Sri Lanka et les autres dirigeants du monde doivent mettre la protection des droits humains au cœur de leurs politiques, veiller à ce que toutes les populations menacées soient protégées et favoriser les valeurs qui lient l’humanité. »

Depuis les attaques au Sri Lanka, on craint des représailles contre la petite communauté musulmane du pays, et des attaques inquiétantes ont été menées par des foules déchaînant leur haine contre un groupe de réfugiés pakistanais issus de minorités chrétienne et musulmane ahmadie. Ces réfugiés avaient été forcés à fuir au Sri Lanka après avoir été la cible d’attaques répétées de groupes armés sectaires au Pakistan.


Le mois prochain, le Sri Lanka célébrera le 10e anniversaire de la fin du conflit interne dans le cadre duquel des crimes de droit international et d’autres graves violations et atteintes aux droits humains ont été commis. Ces dix dernières années, le Sri Lanka a fait d’importants progrès en matière de droits humains. Avec le retour de la paix, le pays a ouvert ses portes au monde extérieur, accueillant touristes et réfugiés.

« Il est important que la population, composée de chrétiens, de musulmans, de bouddhistes, d’hindous et de personnes d’autres horizons, puisse retourner sur son lieu de travail et de culte en toute sécurité, sans craindre d’être de nouveau la cible d’attaques. La dernière chose dont a besoin le Sri Lanka est un retour à la sombre époque de la violence, qui réduirait à néant les précieux liens qui unissent les nombreuses communautés de l’île », a déclaré Biraj Patnaik.

Amnesty International appelle ses sympathisants à se montrer solidaires des victimes du massacre du dimanche de Pâques au Sri Lanka en publiant des messages de soutien sur les réseaux sociaux et en organisant des veillées devant l’ambassade du Sri Lanka dans leur pays ou dans des églises qui portent les noms des trois églises attaquées au Sri Lanka : l’église Saint-Anthony, l’église Saint-Sébastien et l’église de Sion.

« L’église Saint-Anthony, à Colombo, est l’une des trois églises attaquées dimanche dernier. C’est un lieu important non seulement pour les catholiques, mais également pour des personnes de toutes croyances. La meilleure réponse possible à la terrible violence des assaillants est de voir des personnes de différents horizons rendre hommage à ce symbole de tolérance et de pluralisme », a déclaré Biraj Patnaik.



Source: amnesty.org

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