Un nouveau sondage révèle que sept personnes sur 10 veulent que les gouvernements réglementent les activités des géants de la technologie en raison d’inquiétudes quant aux données personnelles

 

  • La très grande majorité des personnes interrogées (71 %) s’inquiètent de la façon dont les géants de la technologie recueillent et utilisent leurs données personnelles
  • Près de 10 000 personnes ont été interrogées dans neuf pays, notamment en Afrique du Sud, en Allemagne, au Brésil, aux États-Unis et en Inde

Sept personnes sur 10 (73 %) veulent que les gouvernements prennent davantage de mesures pour réglementer les activités des géants de la technologie, et une très nette majorité d’entre elles (71 %) s’inquiètent de la façon dont les géants de la technologie recueillent et utilisent leurs données personnelles, révèle un sondage réalisé par YouGov à l’initiative d’Amnesty International.

Près de 10 000 personnes ont été interrogées au sujet de ce qu’elles pensent de la confidentialité en ligne et des géants de la technologie, dans neuf pays :  l’Afrique du Sud, l’Allemagne, le Brésil, le Danemark, l’Égypte, les États-Unis, la France, l’Inde et la Norvège.

« Les résultats de ce sondage sont frappants et homogènes : une nette majorité des personnes sont préoccupées par le pouvoir qu’exercent les géants de la technologie sur leur vie. Les gens veulent que leur gouvernement prenne davantage d’initiatives pour réglementer ces géants industriels, a déclaré Tanya O’Carroll, directrice d’Amnesty Tech.


« Ces résultats constituent une condamnation accablante de la façon dont les géants de la technologie recueillent et utilisent nos données personnelles. Les gens veulent que les entreprises de technologie cessent de bafouer notre droit au respect de la vie privée. »

Les personnes interrogées qui se disent préoccupées par la collecte de leurs données personnelles s’inquiètent surtout de la violation de leur droit au respect de la vie privée (62 %), et la majorité d’entre elles (59 %) s’inquiètent également de leur perte de contrôle sur ces données.

Parmi celles qui se disent préoccupées, plus de la moitié (51 %) s’inquiètent du fait que les données relatives à leurs activités en ligne peuvent révéler beaucoup de choses à leur sujet ; et presque un tiers d’entre elles (32 %) craignent que les autorités publiques n’utilisent ces données pour s’en prendre à elles.

Le modèle d’activité central sur lequel reposent les activités des entreprises de l’Internet – l’utilisation de ces données pour créer des profils détaillés dans le but de vendre de la publicité ciblée – est considéré comme un problème majeur par près de huit personnes sur 10 (77 %).

Quand on leur a demandé d’expliquer leur avis, six personnes interrogées sur 10 (59 %) ont répondu qu’il s’agissait d’une violation de leur vie privée. Plus de la moitié d’entre elles (53 %) sont préoccupées par le fait que les gens peuvent subir de façon injuste et à leur insu une influence avec des publicités politiques. Près de la moitié (48 %) pensent également que les publicitaires ciblent les gens quand ils sont le plus vulnérables.

Aux États-Unis, où la course à la présidentielle est déjà bien engagée, trois Américains sur quatre (75 %) estiment que le fait que les entreprises de technologie créent des systèmes pour vendre un accès aux données personnelles pose un problème. Six personnes sur 10 (61 %), parmi celles qui ont déclaré que cela constitue un problème, sont préoccupées par le fait que des personnes risquent d’être injustement influencées par des publicités politiques.

« Des scandales tels que la collecte illicite par Cambridge Analytica de millions de données personnelles ont gravement entamé la confiance du public dans les entreprises de technologie, a déclaré Tanya O’Carroll.

« Les gouvernements doivent prendre des mesures quant à l’utilisation de la publicité politique ciblée en ligne. Notre sondage montre que les gens ne font pas confiance aux géants de la technologie en ce qui concerne le fait d’établir les modalités du débat public. »


Près de la moitié des personnes interrogées (49 %) disent être prudentes concernant la façon dont elles partagent leurs données personnelles en ligne. Plus d’un tiers d’entre elles (37 %) évitent d’utiliser certains mots de recherche ou de consulter certaines pages parce qu’elles craignent d’être pistées, et le même pourcentage (37 %) a choisi de ne pas utiliser une plateforme en raison d’inquiétudes liées à la confidentialité des données. Cela montre que la surveillance exercée en ligne par les entreprises nuit à la capacité des personnes à avoir accès à l’espace numérique. Près d’un tiers des personnes sondées (32 %) utilisent des outils limitant le pistage en ligne.

Les résultats de ce sondage renforcent l’analyse qu’a faite Amnesty et qui montre que le modèle d’activité central de Facebook et de Google représente une menace systémique pour les droits humains. Le mois dernier, Amnesty International a publié un rapport détaillé montrant que le modèle d’activité basé sur la surveillance qu’utilisent ces deux géants de la technologie est incompatible avec chacun des éléments du droit au respect de la vie privée. Cela comprend la liberté de ne pas subir d’intrusion dans sa vie privée, le droit de contrôler les informations concernant notre personne, et le droit de disposer d’un espace dans lequel nous pouvons librement exprimer notre identité. Le rapport montre également que ce modèle d’activité représente une menace pour tout un ensemble d’autres droits, notamment pour les droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion, et à la liberté de pensée, et le droit à l’égalité et à la non-discrimination.

Amnesty International demande aux gouvernements de réformer le modèle d’activité basé sur la surveillance, et de protéger les personnes contre les atteintes aux droits humains commises par les entreprises. Dans un premier temps, les gouvernements doivent adopter et faire appliquer des lois empêchant les entreprises de ne permettre aux personnes d’accéder à leurs services que si elles « acceptent » de voir leurs données personnelles collectées, analysées et partagées à des fins commerciales ou publicitaires.


Source: amnesty.org

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