Indonésie. Deux personnes perdent connaissance lors de fustigations publiques «d’une brutalité extrême»

En réaction aux informations indiquant qu’une femme et un homme ont perdu connaissance pendant leurs fustigations publiques respectives dans la province de l’Aceh jeudi 5 décembre, le directeur d’Amnesty International Indonésie, Usman Hamid, a déclaré :

« Le fait que deux personnes aient été battues jusqu’à perdre connaissance lors de deux fustigations distinctes aujourd’hui constitue un réquisitoire accablant contre les autorités qui ont laissé cela se produire sous leur responsabilité. Ces châtiments sont cruels, inhumains et dégradants et s’apparentent à la torture.

« Les fustigations publiques sont un spectacle honteux et d’une brutalité extrême. Personne ne mérite de subir cette cruauté indicible. Les autorités de l’Aceh et de l’Indonésie doivent immédiatement abroger les lois qui prévoient ce type de châtiment et les rendre conformes aux normes internationales et aux obligations de l’Indonésie en matière de droits humains découlant de sa propre Constitution. »

Complément d’information

Dans le district de l’Aceh-Est, un homme a été battu jusqu’à perdre connaissance et a dû être ranimé alors que les autorités lui infligeaient une peine de 100 coups de canne pour relations sexuelles en dehors du mariage. Il a été conduit à l’hôpital une fois la fustigation terminée. Ses coaccusés, un autre homme et une femme, ont subi le même châtiment.

Lors d’une autre fustigation dans le district de l’Aceh Tamiang, des médias locaux ont indiqué qu’une femme condamnée à 30 coups de canne avait perdu connaissance pendant que cette peine lui était infligée. Sa fustigation pourrait se poursuivre à une date ultérieure, lorsqu’elle sera considérée en assez bonne santé pour être à nouveau battue.

En Aceh, des séances de fustigation se déroulent régulièrement dans des lieux publics et attirent les foules, si bien que des gens prennent des photos et des vidéos, ce qui peut accroître encore l’humiliation et la souffrance à long terme des personnes soumises à ce châtiment cruel.

Adopté par le Parlement de l’Aceh en 2014, le Code pénal islamique de l’Aceh est entré en vigueur dans toute la province le 23 octobre 2015. Des règlements régissant l’application de la charia sont en vigueur en Aceh depuis l’adoption de la Loi spéciale relative à l’autonomie en 2001 et sont appliqués par des tribunaux islamiques. Dans certains cas, la législation prévoit une peine pouvant aller jusqu’à 200 coups de canne.

Parmi les « infractions » concernées figurent les relations intimes ou sexuelles librement consenties entre adultes non mariés, les relations sexuelles hors mariage, les relations sexuelles entre personnes du même sexe, la consommation et la vente d’alcool et les jeux d’argent. Au titre du droit international relatif aux droits humains, toutes les formes de châtiments corporels sont interdites car elles constituent une peine cruelle, inhumaine ou dégradante, voire bien souvent de la torture.


Source: amnesty.org

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